# Le procès Papon

Long de six mois, un procès pour l’humanité.

 

Maurice Papon (1910 – 2007) est un haut fonctionnaire accusé de crime contre l’humanité alors qu’il était secrétaire général de la préfecture de Gironde durant l’occupation.

Après une instruction houleuse de dix-sept ans, grâce à la persévérance des parties civiles, de maître Gérard Boulanger et de madame Annie Léotin, juge d'instruction intègre, son procès commence le 8 octobre 1997.

A partir de 1942, il chapeaute le service des questions juives où sont élaborées les listes des convois pour la déportation. Ce service n’existe dans aucun autre département. De juillet 1942 à juin 1944, plus de 1600 Juifs passent de Drancy à Auschwitz.

Le tribunal ayant estimé « qu’il n’y avait pas de preuves que Papon avait connaissance de l’extermination à ce moment-là », il est condamné pour complicité de crime contre l’humanité le 2 avril 1998.  Des archives découvertes récemment prouvent que la police et les hauts fonctionnaires de la région connaissant le sort des Juifs en 1942.

Il a aussi été imputé à Papon la responsabilité du massacre des Algériens du 17 octobre 1961 alors qu’il était préfet de police.

 

Les parties civiles encore en vie en 1997 ont témoigné en se replongeant dans l’horreur de leur jeunesse, avec une force qui prouve la souveraineté de la vie.

 

J'ai dessiné chaque audience six mois durant, en m'efforçant de restituer leurs visages, leurs émotions, la fulgurance d’un souvenir d’enfance.

 

Edith GORREN

 

 

Octobre 1997

Novembre 1997

Décembre 1997